Poker : Quentin Roussey, de Besançon à Malte

Rencontre avec Quentin Roussey.

Poker : Quentin Roussey, de Besançon à Malte
Quentin Roussey aux "World Series of Poker" 2019, à Las Vegas

Joueur professionnel depuis quelques années, Quentin "Maitre Wazo" Roussey est originaire de Pontarlier et a découvert le poker pendant ses études à Besançon. Il nous a accordé une interview.

Peux-tu te présenter rapidement, s’il te plaît ?

Je m’appelle Quentin, j’ai 29 ans, j’habite aujourd’hui à Malte mais je suis originaire de Pontarlier où j’ai fait mes études jusqu’au lycée. Ensuite, j’ai habité pas mal de temps à Besançon, la ville où j’ai découvert le poker, ce joli jeu qui est devenu mon métier depuis 2015/2016.

Comment as-tu découvert le poker ?

J’étais joueur d’échec depuis tout petit et avec le boom du poker en France qui se situe vers 2008/2009 il y avait les retransmissions à la télé sur canal (les plus anciens s’en rappelleront) ou tout simplement les parties entre amis qui commençaient à être de plus en plus répandues. Il y a pas mal de gens que je connaissais par les échecs qui se mettaient à jouer au poker. Mes premières parties c’était dans un bar avec des amis joueurs d’échecs pour quelques euros, ou même parfois sans argent.
Ensuite, j’ai très vite été attiré par le jeu et les compétences qu’il requiert qui sont communes avec les échecs. Ça m’a tout de suite bien piqué donc je suis allé au club de Besançon où j’ai découvert un peu plus le jeu et de fil en aguille travailler beaucoup pour progresser car je sentais bien qu’au début, forcément, mon niveau était très faible.

A quel moment tu t’es dis que tu pouvais jouer sérieusement au poker et en faire ton activité principale ?

Il y a deux facteurs principaux qui sont le fait que mon Master me plaisait moyennement (Master de traitement automatique des langues à la fac de lettres de Besançon, à la suite d’une licence d’espagnol) et j’avais du mal à me projeter vers un emploi à la suite de celui-ci. Du coup, c’était l’envie de faire autre chose, de me réorienter.
L’autre facteur, c’était que je commençais à avoir des gains relativement conséquents, en tout cas pour un étudiant. Je devais prendre une décision et je me suis posé les bonnes questions (est-ce que c’est possible ? est-ce que j’ai envie de le faire ?) et à un moment, go ! On y va et on verra ce que ça donne.
J’avais envie, aussi, de voyager beaucoup, ce qui dans ma première année de joueur professionnel a été une des principales motivations. Je jouais beaucoup plus en live qu’en online, donc c’était à droite, à gauche, en France et en Europe avec mon sac à dos et ma valise.

Concrètement, qu’est-ce qui t’attire dans le poker ? Pourquoi s’être tourné vers le poker et notamment sur les tournois ?

Depuis tout petit, ce que j’ai toujours adoré, c’est jouer ! Aux jeux de cartes, entre autres, mais aussi aux jeux de société, aux échecs, aux jeux vidéo, à n’importe quoi… J’ai toujours eu ce penchant là de jouer. Le poker, évidemment, il y a l’argent.
Les échecs c’est un jeu magnifique, mais quand tu es arrivé à un moment de ta vie et tu te dis : qu’est ce que j’aimerais bien faire de ma vie ?... J’aimerais bien jouer et vivre du jeu, ça serait top. Aux échecs c’est très compliqué, il faut vraiment être dans les tous meilleurs. Alors qu’avec le boom du poker ces 20/25 dernières années, il y avait quand même beaucoup plus de possibilités d’en faire son métier.
C’est aussi un jeu très complet et il y a vraiment cet aspect de compétition, du moins en tournoi. Il y a un seul vainqueur à la fin et c’est vraiment une grosse source de motivation et de plaisir quand ça se passe bien et qu’on gagne un tournoi.

Tu as participé il y a quelques années à la « Top Shark Academy » (une compétition pour entrer dans la Team Winamax et être sponsorisé). Est-ce que c’est une chose qui reste dans ta tête de jouer un jour pour la Team Winamax avec la même étiquette que certains des meilleurs joueurs du monde comme Adrian Mateos ou Davidi Kitai ?

Avant de répondre à cette question, il faut faire la différence, pour les gens qui ne connaissent pas forcément ce jeu et ce milieu, entre un joueur pro et un joueur sponsorisé. Un joueur sponsorisé est financé par un site de poker pour jouer des tournois et représenter la structure. Un joueur professionnel n’est pas forcément sponsorisé, il y a une infime minorité de joueurs professionnels français qui le sont. Tous les autres, comme moi actuellement et depuis que j’ai commencé, sommes des « auto-entrepreneurs » ou « indépendants », sans salaire venant d’une entreprise ou une marque.
Les places sont chères et très limitées donc bien sûr si un jour j’ai l’opportunité ça serait quelque chose qui permettrait de jouer plus de tournois avec des frais moindres et une certaine reconnaissance mais ce n’est pas un fin en soi. On peut très bien s’en sortir par soi même, tout simplement.

Tu as de nombreuses victoires online mais aussi de belles performances en live, notamment sur le circuit français mais aussi en Belgique ou au Maroc. C’est quoi, pour toi, l’objectif ultime, le tournoi que tu souhaiterais remporter ?

La réponse est évidente, tous les joueurs de poker qui ne l’ont pas encore obtenu vont la donner, c’est obtenir un bracelet de champion du monde aux « World Series of Poker » à Las Vegas, l’une des plus grosses séries de tournois annuelles. C’est très prestigieux, ça serait un bel accomplissement.
Sans parler de titre, à proprement dit, simplement j’aimerais continuer dans la durée et être présent le plus longtemps possible sur cette scène professionnelle au niveau des meilleurs joueurs français et mondiaux, ce qui est très difficile et qui demande beaucoup de travail.

Created : mercredi 16 juin 2021 18:04 Categories : Actualités locales | Loisirs | Actualités Favoris : Ajouter aux favoris Tags : Besançon | poker
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