Intermittents du spectacle : Après 36 jours d’occupation du Centre Dramatique National, le ton monte

"Cette situation prouve le véritable déni de notre occupation et de notre manifestation"

Intermittents du spectacle : Après 36 jours d’occupation du Centre Dramatique National, le ton monte

Le Centre Dramatique National de Besançon est toujours occupé, et ce depuis un mois. Les intermittents du spectacle se disent pessimistes quant au renouvellement de l'année blanche. La Coordination Intermittents et Précaires de Franche-Comté (CIP) souhaite renforcer ses actions, malgré le confinement. Ses membres déplorent la réforme de l’assurance chômage mise en place l’année dernière, et souhaitent son abrogation.

« Aucun retour, aucune réponse »

C’est une situation très difficile à affronter pour l’ensemble des personnes mobilisées au Centre Dramatique National de Besançon. Ayant investi les lieux depuis maintenant 36 jours, ils regrettent que les choses n’évoluent pas, mais surtout que ce dialogue tant espéré avec l’Etat n’ait pas lieu. Toujours pas non plus d’information concernant le rapport Gauron, qui doit porter sur la situation des intermittents et sur l'allongement de « l'année blanche ». Pour Charlie Bardelot, représentant du CIP et artiste du spectacle, cette situation prouve le véritable « déni de leur occupation et de leur manifestation ». « Comment est-ce possible que l’on nous laisse comme ça, sans réponse » s’insurge-t-il.

Stopper la réforme assurance-chômage

« On est en confrontation directe avec le gouvernement, et on attend des réponses » affirme Charlie. Outre les revendications qui sont maintenant prononcées depuis plusieurs mois par l’ensemble des intermittents sur tout le territoire, comme la prolongation de l’année blanche, un nouveau tourment vient s’ajouter à une liste déjà trop longue : la nouvelle réforme de l’assurance-chômage. Car ce régime qui couvre chaque année 110.000 personnes, diffère du régime général. Les intermittents du spectacle doivent avoir travaillé au moins 507 heures (soit environ trois mois) sur les 12 derniers mois pour ouvrir des droits au chômage. Autre spécificité qui a son importance : l’allocation chômage est versée aux intermittents du spectacle jusqu’à une « date anniversaire », qui est fixée au terme d’un délai de 12 mois à compter de la fin de contrat prise en compte pour l’ouverture des droits. Par exemple, pour un intermittent du spectacle dont la fin de contrat est survenue au 28 juin 2020, la « date anniversaire » est fixée un an plus tard, au 28 juin 2021. À compter du 29 juin, il ne doit donc plus toucher d’allocations chômage. « C’est scandaleux » déplore Charlie. « On continuera cette occupation jusqu’à avoir des réponses ».  

Charlie Bardelot, représentant du CIP et artiste du spectacle
Created : mercredi 14 avril 2021 10:22 Categories : Economie | Société | Social | Actualités Favoris : Ajouter aux favoris Tags : Besançon | centre dramatique national | collectif des intermittents et précaires de Franche-Comté | intermittents du spectacle
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